RIDERMAN 2018

J’ai participé au RiderMan à Bad Dürrheim dans le sud de la Forêt-Noire du 21 au 23 septembre 2018. C’est décidément mon année Forêt-Noire, mais cette fois-ci je me suis retrouvé dans le sud du massif qui est très apprécié par les skieurs de fond et où plusieurs cyclistes professionnels allemands ont choisi leur domicile. Bad Dürrheim est une ville de 13 000 habitants dans le district de Fribourg et connue comme station thermale. L’autre fait marquant est que le sponsor principal n’est pas un producteur d’eau minérale comme au Nordschwarzwald-Radmarathon, mais la brasserie locale Rothaus. C’est mieux quand même pour la récupération. 😊 (Je vous rassure, pas de bière aux ravitos).
Le RiderMan est l’avant-dernière épreuve d’une série de neuf courses du trophée national German Cycling Cup. Le niveau est très élevé, limite semi-pro, mais les épreuves sont ouvertes aux cyclistes du dimanche. Elles se déroulent dans des conditions de pro avec des routes exclusivement réservées aux cyclistes et interdites à la circulation dans les deux sens pendant les courses. L’organisation a été impeccable pendant les 3 jours. L’ASO n’aurait pas fait mieux, mais plus cher. La particularité du RiderMan est le fait qu’il s’agit de la seule épreuve à étapes du trophée, dont un contre-la-montre individuel en ouverture. Au total, il y a eu près de 700 participants chez les hommes et une petite centaine chez les femmes, tous répartis en différentes catégories d’âge.

Étape 1, vendredi, contre-la-montre, distance 16 km, dénivelé 200 m
Le parcours consistait en un aller-retour de 16 km avec deux bosses pour un dénivelé de 200 m. Après avoir récupéré mon dossard vers midi, je suis retourné au parking afin d’installer la plaque de cadre, le dossard et les petits autocollants sur le casque permettant de m’identifier. Quand je regardais autour de moi, il y avait de quoi avoir le vertige entre le matériel spécifique de contre-la-montre et les nombreux coureurs qui s’échauffaient sur leurs home-trainers. Le départ de l’épreuve était fixé à 14 h 10 et le mien à 14 h 54 et 45 secondes précises, les départs étant espacés de 15 secondes. Il me restait donc assez de temps pour un tour de reconnaissance. J’ai pédalé ensuite encore un peu sur le parking avant de me présenter au départ 10 minutes avant mon heure de départ conformément au règlement. Je suis ensuite monté dans la cabine de départ où se trouvait la rampe de lancement pour partir à la seconde près comme prévu (sans me casser la figure, pas évident quand on n’a pas l’habitude). L’objectif que je m’étais fixé – après celui de descendre la rampe sans tomber – était de boucler le parcours en moins de 30 minutes. Le début du parcours était une longue ligne droite légèrement descendante qui m’a servi pour prendre mon élan. Elle était suivie d’un virage serré à gauche suivi d’une autre ligne droite légèrement montante avant d’attaquer la première difficulté du parcours, une cote de 1,5 km à 2,8 % de moyenne avec une pente maxi de 9 %. Dans la cote, je me suis fait doubler par un avion, mais je commençais aussi à doubler. En haut de la bosse, j’ai aperçu droit devant moi un mur gris foncé et des éclairs. Je me dirigeais vers un véritable déluge qui transformait la route en une pataugeoire avec des rafales en prime. J’ai roulé prudemment sur la deuxième partie de l’aller, en particulier dans le rond-point et au niveau de l’arrêt de bus qui servait de point de demi-tour. Entre les deux se trouvait une deuxième bosse pas trop dure, mais pénible au retour avec le vent de face. Sur la partie plate entre les bosses, je me suis rendu compte que seuls un avion et puis une fusée au retour m’avaient doublé, la fusée étant partie environ 4 minutes après moi selon son numéro de dossard. La dernière bosse me faisait mal aux jambes, mais avec la descente rapide en vue, j’ai serré les dents. Heureusement, l’orage n’avait pas franchi cette bosse et j’ai pu faire la descente à fond. Après le virage serré (à droite cette fois-ci), je me suis engagé sur les 500 derniers mètres. Lorsque j’ai vu le chrono à l’approche de la ligne d’arrivée, j’ai relancé avec tout ce qui me restait pour finalement boucler les 16 km et les 200 m de dénivelé en 27 minutes et 40 secondes, soit une moyenne de 34,7 km/h, à plus de 7 minutes du vainqueur de l’étape. Compte tenu des conditions de course, j’ai été super content. Malheureusement, je ne pouvais pas me mesurer avec Fabian Cancellara comme espéré. Il a déclaré forfait à cause d’une fracture du pied pas suffisamment guérie. Spartacus est venu malgré tout pour assister au spectacle et il a été dignement remplacé sur la route par le champion d’Europe en titre de poursuite individuelle sur piste, Domenic Weinstein, natif de Bad Dürrheim de surcroit.

Étape 2, samedi, course en ligne, distance 110 km, dénivelé 1630 m
L’heure de départ de la deuxième étape était fixée à 12 h 20. Une très bonne idée étant donné qu’il faisait assez frais et humide le matin. En revanche, à l’heure du départ, un beau soleil brillait sur Bad Dürrheim. Après un départ fictif à travers le centre-ville, les choses sérieuses commençaient au bout de 1,5 km et encore 1 km plus tard, je me suis retrouvé dans la première difficulté sous forme d’une double bosse qui faisait en sorte que les groupes se sont formés rapidement en fonction du niveau de performance de chacun. La première difficulté répertoriée était une ascension de 2,5 km avec une pente moyenne de 5,8 % et un pic à 18 %. Comme d’habitude lorsque je roule en Allemagne, il y a bien des roues à prendre sur le plat. Il suffit juste d’en trouver une dans laquelle j’arrive à tenir bon ce qui est plus compliqué. Après quelques kilomètres de plat arrivait donc la deuxième difficulté répertoriée, une bosse de 2,4 km avec une pente moyenne de 6,5 % et une pente maxi de 14 %. En haut de cette bosse à 872 m d’altitude se situait le premier ravitaillement. Comme d’habitude, j’avais emmené de quoi tenir l’étape en autonomie, mais ce n’était pas nécessaire du tout. Les zones de ravitaillement s’étiraient sur environ 500 m avec une vingtaine de personnes qui tenaient des bidons remplis de différentes boissons de sorte à pouvoir les prendre sans s’arrêter. À la fin de chaque zone, on pouvait se débarrasser des bidons en trop en les jetant. Après une descente rapide suivie d’un long passage vallonné où les petites bosses et les grosses accélérations se suivaient à tour de rôle, je suis arrivé au pied de la troisième difficulté répertoriée, une ascension de 3,3 km avec une pente moyenne de 3,5 % et une pente maxi de 10 %. Celle-ci nous menait au point culminant de l’étape à 902 m d’altitude où se trouvait le deuxième ravitaillement. Les bosses et les grosses accélérations continuaient après la descente jusqu’au km 102, où un passage à 13 % nous attendait juste avant l’arrivée. Sur les derniers kilomètres, nous avons emprunté la partie retour du contre-la-montre de la veille avec une fin d’étape à fond les manettes. J’ai fini cette étape au bout de 3 : 41 : 16 h, soit une moyenne de 29,8 km/h. Au niveau du classement général, je me suis retrouvé aux alentours de la 440e place.

Étape 3, dimanche, course en ligne, distance 87 km, dénivelé 1050 m
Le départ de la troisième et dernière étape était donné à 10 h 20 sous une pluie battante. À la surprise de tous, nous avons eu le plaisir de partager cette étape avec Simon Geschke et Johannes Fröhlinger (Team Sunweb) qui sont venus s’inscrire spontanément en voisins malgré la pluie. Les deux disaient avant le départ qu’ils n’étaient pas venus pour gagner la course, mais pour épauler ceux qui roulaient pour le classement général. J’aurais accepté volontiers, mais me retrouvant dans le dernier sas, j’étais un peu loin ☹. Nous sommes donc partis sous la pluie en traversant le centre-ville comme la veille avant d’attaquer les premières bosses. Cette fois-ci, j’ai pris le départ avec juste un petit bidon sachant qu’il y aurait trois zones de ravitaillement sur le parcours. La première véritable difficulté s’est présentée au bout de 25 km avec une pente maxi de 7 %. La pluie avait cessé entre temps pour laisser sa place à un début de tempête qui allait faire des ravages dans la région dans l’après-midi. La descente qui suivait était très longue avec beaucoup de virages et désagréable à effectuer, comme des parties de la route étaient encore trempées et d’autres avaient déjà séché. C’était l’occasion de tester mes freins à disque dans des conditions difficiles. Pendant le deuxième tiers de l’étape, nous ne sommes jamais descendus au-dessous de 700 m d’altitude avec des montées et des descentes plutôt courtes, mais malgré tout quelques passages à 15 % et plus. L’ascension la plus longue nous attendait à 13 km de l’arrivée. J’ai eu beaucoup de mal, car j’avais passé plusieurs kilomètres seul dans le vent ou plutôt dans le début de tempête. Juste avant le sommet, j’ai été rattrapé par un groupe de coureurs plus frais que moi. C’était des cyclistes locaux qui étaient juste venus faire la troisième étape qui était également proposée comme une cyclosportive classique. J’ai réussi à prendre les roues et surtout à ne plus les lâcher jusqu’à l’arrivée tout comme deux Néerlandais. Après une belle descente à plus de 70 km/h qui s’arrêtait brutalement par un virage serré avant toujours la même ligne droite des 500 derniers mètres. Sachant que les deux Néerlandais ne devaient pas être loin au classement général, j’ai réaccéléré tout de suite à la sortie du virage pour rester devant jusqu’à la ligne d’arrivée (pour une fois). J’ai bouclé donc cette dernière étape en 2 : 57 : 17, soit une moyenne de 29,4 km/h. J’ai appris plus tard que mes compatriotes Geschke et Fröhlinger avait finalement opté pour une balade de santé en arrivant juste 5 minutes avant moi. Si j’avais su, …

Résumé
Je finis donc mon premier Riderman en 7 : 06 : 15 h à la 411e place toutes catégories confondues et à la 62e place dans ma catégorie d’âge sachant que le vainqueur du classement général a bouclé les trois étapes en 5 : 20 : 20 h. Ça me dirait bien de revenir l’année prochaine pour la vingtième édition.

Mention spéciale
Quant à l’hébergement, j’avais trouvé une petite auberge rurale dont le patron était très bavard. Quand il a appris pour quelle raison j’étais venu dans la région, il s’est mis à me préparer des petits déjeuners du tonnerre avec des œufs brouillés à la chef. Le soir, il attendait avec impatience mes comptes-rendus autour d’une bière.

 

 

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